Les calculs du coureur à pied

Accueildimanche 16 mai 2021

Présentation de l'auteur


Pour ne pas retarder l'ouverture de ce site, je me contenterai de publier ci-dessous l'interview que mon ami Daniel Lexcellent avait effectuée pour le bulletin "Et ta soeur elle court" du Spiridon Club Languedoc.

Je l'ai redécouverte et date du temps (1999) où je pratiquais les 100 km et ne connaissais pas encore l'ACVS, mon club actuel.

Elle a besoin d'une sérieuse mise à jour. Cela nous permettra de nous revoir autour d'une bonne table et Daniel ne sera pas seulememt armé d'un stylo ...


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Tout juste remis de sa participation aux 100 km de Belvès du dimanche 17 avril 1999, voilà que je rencontre Bernard au détour d'une allée du zoo de Montpellier.
Il accepte avec plaisir de nous livrer sa passion de "cent bornard".
Bernard, présente-toi.

Agé de 55 ans, marié et père de 2 enfants aujourd'hui adultes, je vis paisiblement à Clapiers, à proximité de Montpellier.
J'ai commencé l'athlétisme à 17 ans à Clichy dans la banlieue parisienne où j'ai réalisé 2 fois 4 mn 8 s au 1500 m, avant d'émigrer en 1966 à Montpellier. Naturellement je me suis inscrit au MUC qui était le club le plus important de Montpellier.

Comment en es-tu arrivé aux cent bornes ?

Mes premières années à Montpellier, j'ai continué la piste dont un 5000 en moins de 16 mn mais tourner sur un stade m'ennuyait et le travail me prenait beaucoup de temps. A la fin des années 70, avec la vogue du jogging, j'ai commencé l'entraînement sur route et en nature et en 81 je m'alignais aux 100 km de Millau, sans passé par le marathon (seules compétitions auparavant : 2 fois le cross du Midi Libre de 5,340 km, le cross de Lauret de 12 km et le semi du Vigan).

Quel a été ton entraînement ?

A cette époque, en semaine, je courais de 1 h à 1 h 15 et le week-end je faisais des séances de 24 à 30 km. Depuis je me suis un peu plus structuré et je suis les conseils de Cottereau. Naturellement endurant et relativement peu rapide, je m'astreins à travailler mon rythme. Typiquement j'alterne les séances d'endurance (de 1 h 15 à 2 h) avec les séances comprenant de la résistance douce de 30 mn à 50 mn et je fais une séance par semaine en résistance dure. En gros je fais 2 semaines de 9 h et une de 7 h. Je garde un jour de repos par semaine. En plus, des séances de musculation légère et beaucoup d'assouplissement. Ce gros travail n'est possible que depuis que je ne travaille plus !

Quelles ont été tes performances ?

J'ai couru les 100 km dix fois. Mon record est de 8 h 29 mn et mon temps le moins bon de 9 h 24 mn, tous les 2 à Millau.

Que penses-tu des 100 km de Millau ?

Comme dit le dicton : "Les plus beaux, les plus purs, les plus durs" !
La plus grande participation en France et ces 100 km sont considérés comme étant la Mecque du "cent bornard".
L'esprit d'un cent bornes est différent des autres courses, il n'y a pas d'adversaire, nous sommes tous des coéquipiers ou des complices pour essayer d'aller au bout.
Le seul point noir était la Nationale de Millau à Saint-Rome-de-Cernon, ouverte à la circulation alors qu'elle était empruntée en aller-retour par les coureurs pendant la nuit mais maintenant elle est interdite à la circulation.

Suis-tu une alimentation particulière ?

J'ai de bonnes habitudes. Tout d'abord je ne bois pratiquement pas d'alcool et je mange beaucoup de fruits et de légumes, des féculents, du poisson et un peu de viande.

Comment gères-tu ta course ?

Je m'efforce à économiser mes forces : courir sans à-coup, ralentir dans les montées, ménager mes articulations dans les descentes, ne pas parler, forcer ma respiration pendant toute la durée de la course et je tiens mes temps de passage à la minute près. Avec presque 40 ans de course à pied je suis réglé comme une horloge. En plus je bois régulièrement une boisson glucosée.

Parles-nous de tes 100 km de Belvès.

Belvès est une jolie petite cité médiévale sise sur un éperon rocheux au pays du Périgord Noir. Le parcours est magnifique avec un château tous les 10 km.. Le curé nous sonne les cloches pour le départ et nous sommes environ cinq cents paires de jambes foulant le bitume périgourdin sous une pluie battante par environ 8° C. La course fut dure avec seulement 300 arrivants ! J'ai fini 21ème au scratch et 5ème V2 en 9 h 21 mn. Comme dirait Jacques Brel "Les vieux ne meurent plus". En plus des ravitaillements officiels et très corrects (crêpes à gogo !) les gens des villages que nous traversons sortent la table avec une nappe, des bouquets de fleurs, des boissons et de quoi se restaurer. Et le papet du coin nous joue un air d'accordéon.
Pour un entraînement gastronomique, je peux vous donner quelques adresses.

Quels "cent bornards" t'ont impressionné ?

Deux en particulier. Tout d'abord Jean-Marc Bellocq. C'est un monsieur. Quelle classe ! En plus il encourageait les coureurs qu'il croisait. Et le Poitevin Henri Girault qui a fêté à Belvès son 400ème cent km en offrant à chaque concurrent un gâteau de sa région ! Je radote peut-être mais l'esprit "cent bornard", c'est spécial. Que ce soit à Millau ou à Belvès, tout le monde est récompensé de la même manière, du 1er au dernier. A Millau, chacun a eu son T-shirt et une écharpe. A Belvès, 1 sac de noix, 1 T-shirt, une bouteille de vin du Pays et un petit sachet de friandises. Pas d'argent ni de cadeau spécial aux différents vainqueurs.

Comment vois-tu ton avenir sportif ?

En septembre je referai Millau et comme d'habitude en décembre les 20 km du Lion Club à Montpellier. J'aimerais bien faire un Marathon en Languedoc mais il n'y en a plus d'organisé.

As-tu d'autres loisirs ?

Je suis passionné de musique et je joue du piano. Je lis beaucoup et je fais l'été de longues randonnées en montagne avec ma femme et des amis qui tirent souvent la langue !

Bernard, au nom des abonnés du Spiridon Club Languedoc, je te remercie pour cet entretien. J'étais assis en face d'un copain de 30 ans, cela facilita les choses et ce fut bien agréable.
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